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Chacun arrive dans le couple avec sa propre personnalité composée de trois rôles essentiels définis schématiquement comme suit :
Suivant le sexe du partenaire, nous trouvons :
• L’époux ou l’épouse,
• Le père ou la mère,
• L’amant ou la maîtresse.
Ma démarche s’apparente fort au découpage proposé par l’analyse transactionnelle inventée par le médecin Eric Berne qui présente la personnalité humaine comme structurée autour de trois composantes spécifiques internes de sentiments, de pensées, de comportements regroupés sous le terme "Etats du Moi". Eric Berne définit le parent, l’adulte et l’enfant.
Dans une perspective plus conjugale ou sexuelle, nous avons utilisé ce découpage plus précisément dans un but sexologique…
ÉPOUX / ÉPOUSE :
Cet état se caractérise par ma pensée adulte, mon sentiment amoureux exprimé ainsi :
"Je te perçois comme l’individu au centre de mes préoccupations affectives…
Je te montre beaucoup d’attention, d’écoute, de valeur…
Je me comporte de manière à te surprendre positivement, à te séduire, à te faire rêver..."
Le rôle véhicule : sentiment, attention et valeur que l’on porte à l’autre, l’intimité qu’on s’accorde
à deux (sans enfant, amis, famille), le respect mutuel…
"Je donne à l’autre le sentiment d’exister à mes yeux…" …
PÈRE / MÈRE :
Cet état rassemble nos élans tendres, nourriciers, protecteurs. C’est le cocon de la sécurité, du câlin (Holding & Handling de Winnicott).
Nous pouvons, sans avoir d’enfant, utiliser cet "état du Moi" vis à vis de notre conjoint.
Ce sont nos gestes tendres, nos regards protecteurs, le toucher tendre. Notons que cette part de nous-mêmes n’a jamais excité sexuellement personne. Elle couvre un besoin primaire, elle rassure. Cette partie a tendance à s’amplifier chez la femme pour ses enfants, à la naissance du premier ou du deuxième. Elle entraîne parfois une dérive dangereuse dans un besoin de fusion déplacé de l’époux vers le bébé. Elle vient écraser le rôle Èpouse ou Maîtresse. L’homme ne retrouve plus son espace qui se retrouve réduit à la portion congrue. Même si l’intention d’être une bonne mère est louable, l’exagération de ce rôle prend alors l’allure d’une véritable menace pour l’équilibre du couple. Il faut agir rapidement pour que la femme retrouve le chemin de son propre "auto-érotisme", l’amour d’elle–même en l’incitant à développer des activités personnelles, sa propre séduction ainsi que se mettre à l’écoute de son corps et de son désir en compartimentant mieux son rôle de mère.
L’AMANT / LA MAÎTRESSE :
Cet état intronise le domaine sexuel. Il se révèle plus pulsionnel, plus instinctif. Il s’appuie sur l’excitation sexuelle et le mode plaisir. Il dépend de notre capacité à nous approprier notre génitalité et notre auto-érotisme.
L’excitation sexuelle résulte de l’énergie libidinale provoquée par la pulsion. L’excitation s’accompagne d’attitudes spécifiques de respiration, de lâcher prise par : l’abandon et ses expressions… Cette partie de nous–même exprime une capacité primitive.
A travers l’aptitude "d’expressivité", notre part sexuée doit communiquer notre fierté de montrer notre identité de genre masculin ou féminin. Nous devons prendre plaisir à montrer notre plaisir.
C’est le monde du fantasme et du corps voluptueux. D’autres mots sont parfois prononcés, l’homme est intrusif dans l’emprise, la femme est réceptive activement. On retombe dans le royaume du jeu, plus primaire et imaginatif.
La sexualité se définit alors comme un jeu "jeu d’adulte". Beaucoup d’entre nous ligotent cet état du Moi, pensent qu’il est immoral, sale, dégoûtant ou interdit et qu’il dégrade notre rôle d’[époux-épouse] ou met en danger celui de [père–mère]. Pourtant, c’est une fonction hautement noble de nous–même, à la base de la survie de l’espèce, de la solidité de notre identité masculine ou féminine. Quand il n’a pas voix au chapitre, tout l’édifice de la santé physique ou mentale est ébranlé.
Beaucoup de couples vivent dans la confusion permanente des trois états [époux-épouse], [père-mère], [amant-maîtresse].
Par exemple, si vous arrivez dans le domaine sexuel primitif et pulsionnel, avec trop de sentimentalité romantisme et un respect exagéré… [époux-épouse], l’excitation sexuelle a du mal à s’installer. Le respect, le sentiment, l’image morale que vous souhaitez préserver, interdit le lâcher–prise, les mots, les attitudes intrusives, les respirations, l’imaginaire : Monsieur pense que s’il se livrait totalement, Madame le prendrait pour un "cochon".
A l’inverse, Madame anticipe….pense que si elle se laissait aller, Monsieur la jugerait un peu
"salope".
Dans ce cas, nous imaginons que nous serions de mauvais époux et de mauvais parents. C’est une grave erreur véhiculée par des siècles de croyances. Notre part, masculine et féminine, même si elle est archaïque dans son essence, a fondamentalement besoin de ces moments structurants. De longs poèmes romantiques déclinés au bord d’un lac en marchant langoureusement ne déclenchent pas d’excitation sexuelle même si cette part [époux-épouse] se présente comme fondamentale et utile mais dans des moments spécifiques, en dehors des pics érotiques.
Dans d’autres circonstances, l’aspect [père-mère] prend le dessus : très tendre, câlin rassurant… Une fois de plus, l’excitation sexuelle n’est pas au rendez-vous. Il existe des moments précis pour être rassurant, tendre et câlin.
D’ailleurs, le lien sentimental et respectueux véhiculé par l’[époux-épouse] et la tendresse protectrice du [père-mère], font le lit à une bonne sexualité, mais uniquement dans des phases préparatoires. Quand l’intimité sexuelle est déclarée, elle doit vivre sur un autre registre. C’est une façon forte de reconnaître la féminité vraie de sa partenaire (réceptivité), de lui donner la liberté d’expression, de même la masculinité virile de l’homme (intrusivité) a droit de citer avec toute sa pure noblesse mâle, même si après ces jeux, vous pouvez parfois en rire en toute complicité. Ce concept ne traduit pas des acrobaties mais des intentions sexuelles :
Rappelez-vous qu’un regard peut être plus sexuel qu’un geste.
Il convient donc de bien cloisonner, dans le temps, l’expression de ces trois états du Moi, pour que se déroule une vie équilibrée. Le muselage de notre troisième état [amant-maîtresse] entraîne plusieurs désagréments : 4 grands types de comportements ou symptômes en découlent que nous expliquons aux femmes qui disent : "Moi, je pourrais m’en passer". Nous estimons que "s’en passer" a un coût.
"Si je ne laisse pas ma pulsion sexuelle s’exprimer dans mon rôle d’amant ou de maîtresse, il peut arriver certains désagréments parmi les possibilités qui suivent…" :
• Première possibilité : l’absence de décharge sexuelle se transforme en pulsion agressive dirigée vers l’extérieur, le mari, l’enfant, la famille, les relations. Je deviens acariâtre avec l’âge et l’accumulation du trop plein. N’oublions pas que la testostérone, qui est l’hormone majeure de la sexualité, est aussi celle commandant l’agressivité. Nous pouvons supposer que, si elle ne trouve pas une part de sa décharge sur un but naturel entre autre la sexualité, elle s’oriente sur son autre but qui est l’agressivité.
• Deuxième possibilité : cette absence de décharge sexuelle se transforme en pulsion agressive dirigée vers soi. En cas de refoulement, c’est la névrose, l’hypocondrie, la dépression. J’ai toujours mal quelque part… Je me donne le droit de ressentir mon corps pour qu’il vive mais à travers la douleur reconnue comme socialement correcte.
• Troisième possibilité : l’absence de décharge sexuelle est réprimée et se transforme en pulsion agressive dirigée vers un organe. La répression est un mode de défense psychosomatique différent du refoulement car moins symbolique. Ce sont les migraines, maux de tête, ulcères, dermatoses et parfois pire. Les personnes fonctionnant sur ce mode n’expriment que peu d’émotion ou d’affect. Elles sont "Suradaptées, normosées" dit-on.
• Quatrième possibilité : La libido ne trouve pas de décharge dans le couple car il est impensable, immoral, interdit ou dégoûtant pour l’un, l’autre ou des deux conjoints qu’un bon [époux-épouse] ou [père-mère] puissent être en même temps un bon [amant-maîtresse]. Il arrive alors ce que je vous présente dans cet exemple :
un couple de 30 ans, parents de deux enfants vient consulter. Madame, fonctionnaire, jolie femme, a eu quand elle avait 16 ans une première relation avec un homme plus âgé. Il lui a présenté une sexualité d’emblée trop brusque et dramatisante. Elle fut choquée. Puis, elle rencontre son futur mari qui, comprenant la situation, agit en bon époux et exerce une sexualité très "soft" ; le mari devient même éjaculateur prématuré, comprenant inconsciemment qu’un rapport court évite à Madame de passer trop de temps à un exercice sexuel qu’elle n’apprécie guère.. au bout de deux ans de mariage, Madame revenue dans un état de sécurité acceptable ressent des envies de sexualité qu’elle n’ose plus communiquer à son mari, de peur de passer inconsciemment pour une mauvaise épouse. Ces pulsions sont contradictoires à la règle qu’elle a imposée. Lui a une libido qu’il réfrène mais il respecte tant sa femme… !!
Ils deviennent parents et leur entente d’[époux-épouse] s’avère en outre excellente. A la trentaine, Madame, qui vient d’entrer dans une nouvelle décennie, ne s’épanouit pas sexuellement. Elle a beaucoup de doutes subitement sur le sens de sa vie peu excitante, sur sa séduction, sa capacité à avoir enfin l’impression de vivre en ressentant "quelque chose". Dans ce contexte, le meilleur copain de football du mari lui "rend un service sexuel" en la faisant à nouveau exister et rêver à travers l’adultère.
Ce couple déstabilisé arrive au cabinet, un mois après l’expérience extra–conjugale. Après l’exposé de ce qui précède entre autre, ce couple s’est donné la permission d’échanger plus d’intimité sexuelle en 15 jours qu’il n’avait osé le réaliser en 10 ans. L’homme a appris, par les jeux Sexodynamiques, à maîtriser son excitation... Chacun attendait la permission de libérer cette partie de lui-même.
En cela, le thérapeute a souvent un grand rôle à jouer. La femme ou l’homme peut très bien aller chercher la partie manquante à l’extérieur, dans l’adultère. mais je répète à qui veut l’entendre que l’idéal est d’être l’amant de sa femme ou la maîtresse de son mari...
Je prends ma place de "MÂLE"… Aujourd’hui, est-ce si facile de trouver sa place d’homme ?
Si au cours des siècles précédents, le rôle semblait tout tracé, de nos jours, les révolutions de la condition féminine viennent bousculer nos assises et nos comportements. Bien sûr, les matchos d’antan empêchaient l’éclosion de la personnalité féminine, trop souvent reléguée aux rôles de mère et d’épouse. Heureusement, chacun peut prétendre à épanouir sa personnalité dans ses trois états du Moi : [époux-épouse], [père-mère] et [amant-maîtresse] dans le couple du 21ème siècle.
Cet équilibre doit se constituer avec des informations claires sur le rôle de chacun, ce qui apparaît loin d’être le constat en cabinet ou bien dans la vie courante.
Mesdames, pour beaucoup d’entre-vous, vous travaillez, ce qui vous rend plus autonomes économiquement. Cette situation développe votre affirmation de vous-même, démultiplie la rencontre de rivaux sexuels potentiels pour l’homme. Beaucoup de points qui, en plus d’une législation du divorce dans laquelle vous avez voix au chapitre à 50%, augmentent considérablement votre liberté individuelle de mouvements dans la vie. Tant mieux… ! ! … Mais avouons que la longévité du couple en a pris un coup sérieux. L’augmentation des divorces en un siècle soulève un véritable raz de marée. Est-ce un bien ou un mal ? : je laisse à chacun sa réponse car cela n’est pas mon propos…
Cette nouvelle répartition des équilibres au sein du couple amène parfois deux éléments beaucoup plus graves : la perte de l’intrusivité de l’homme dans son rôle sexuel, ainsi que la faillite de son affirmation de Soi (assertivité) dans ses rôles d’époux et de père.
Précisons ces concepts fondamentaux :
Affirmation et assertivité : c’est d’abord prendre sa place solidement dans tous les contextes… bien cerner, en l’acceptant, sa personnalité avec une dose d’affirmation de Soi suffisante pour intervenir à bon escient… occuper son espace avec assurance, bien campé sur ses deux jambes, enraciné suffisamment pour ne pas se faire souffler au premier coup de Trafalgar...
Cette attitude s’avère fondamentale, aussi bien pour l’homme que pour la femme dans les divers compartiments de la vie : social, professionnel, relationnel, d’[époux-épouse], [père-mère] et [amant-maîtresse].
Mais attention, par effet de balancier, certaines femmes sont allées parfois trop loin dans le domaine de l’émancipation. À travers le thème du partage des tâches, elles féminisent la fonction de l’homme en le dominant constamment ou en le mettant à l’épreuve ; "Tu feras les courses, je n’ai pas le temps… N’oublie pas de changer Jérôme… Tu es assez grand pour repasser tes chemises… Je ne suis pas ta bonne… Tu es assez fort pour passer l’aspirateur…"… L’une de mes patientes partageait chaque tâche en deux : l’homme repassait son linge, elle le sien ; il faisait sa vaisselle, elle la sienne et ainsi de suite jusqu’à lui proposer de ne se voir que pour "les bons moments", chacun ayant son propre appartement.
Ne confondons pas dans le couple : vivre l’un avec l’autre ou vivre l’un à coté de l’autre, sans jamais se rencontrer.
Le partage des tâches ne doit pas occulter deux choses essentielles. La communication
employée devra véhiculer la notion du respect de l’Autre, y compris dans ses différences. En cela, la communication affirmative, qui n’est pas l’objet de ce livre, représente un merveilleux outils pour l’épanouissement du couple : Parler en votre propre nom et surtout pas d’un point de vue universel.
- Méfions-nous des formules autoritaires qui expriment un jugement de valeur ou qui induisent une notion de pouvoir.
- Ensuite, dans les tâches de chacun, identifions celles qui affichent une connotation sexuée. A vrai dire, même si les fonctions de l’homme et de la femme deviennent de plus en plus interchangeables, le couple aura bénéfice à définir des tâches plus ou moins "sexuées" par la force physique ou la notion de sécurité qu’elles demandent (couper du bois pour la cheminée, se charger des courses souvent lourdes à porter, entretenir l’automobile pour l’homme par exemple…), ou tenant compte d’habiletés que les hommes ou les femmes présentent d’instinct.
De toutes les façons, il apparaît utile de définir un partage des tâches même non sexué. Certaines femmes, peut-être pour ne plus perdre le terrain chèrement gagné sur l’homme par leurs aïeules "suffragettes", exagèrent leur position inconsciemment masculine. Leur affirmation d’elle-même semble certainement bien établie. Ce phénomène s’amplifie à travers la réussite ou la lutte professionnelle où il faut asseoir une autorité. Elles ont appris à se battre "assertivement " comme des hommes. Leur sexualité demande un accès au plaisir. Tant mieux, il est beaucoup plus agréable de faire l’amour à deux que tout seul comme le faisait grand-papa lorsque grand-maman attendait que "la chose" soit terminée avec la peur de la grossesse au ventre. La contraception rajoute aussi un progrès à l’autonomie et l’assertivité féminine.
Dans ces bouleversements, l’homme a parfois du mal à s’y retrouver. Il se bat pour prouver sa valeur et trouver sa place. C’est assez nouveau. Avoir un gros portefeuilles, de gros muscles, une grosse voiture, une grosse maison, une grosse santé, une grosse résistance avant d’éjaculer, représente la gageure inconsciente du nouveau stéréotype masculin.
Devant ce parcours du combattant, nombreux sont ceux qui développent une forme d’anxiété : celle de ne pas être à la hauteur, d’échouer, de décevoir Madame et de la perdre, elle qui assume tant de choses et qui le fait savoir…
Beaucoup de femmes, surtout entre 40 et 50 ans, après un premier divorce, entrent dans mon cabinet en tenant par la main leur nouvelle conquête masculine. J’ai parfois l’impression qu’elles m’amènent leur enfant en pénétrant les premières dans la pièce, traînant leur ami sur le front duquel perlent de grosses gouttes "d’angoisse".
"Voilà, eh bien, dis ce qui ne va pas… !", dit madame en regardant son ami muet, la gorge serrée par la honte. L’homme bredouille son problème d’éjaculation rapide ou d’érection. "et pourtant avant, ça marchait ! "… Mais lui aussi vient de divorcer. Il considère ceci comme une forme d’échec. Après 40 ans, le compte à rebours de sa vie commence ; il lui faut réussir maintenant à tout prix car il n’aura pas de troisième chance. Il faut tout prouver et conquérir cette femme qui a su évoluer en face de lui. Cette femme qui s’assume sexuellement de mieux en mieux avec l’âge, dans son travail, dans son autonomie, il faut lui prouver qu’il est à la hauteur. De son côté, elle n’accordera que peu de temps à cet homme. Elle lui fait comprendre qu’il tourne un bout d’essai, qu’il entre en période probatoire. Parfois, ces femmes me disent "et pourtant, vous savez, je lui fais tout ! ". Ce sont ces dernières paroles qui achèvent et cloue l’homme au pilori de la culpabilité ultime. Sous-entendu, "il est nul et irrécupérable". Elle demande à l’homme en pleine "natation existentielle" : "Montre-moi ce que tu sais faire !". Et celui-ci, inconsciemment mis en accusation, en ligne de mire, sait que s’il n’est pas à la hauteur, il sera un jour expulsé, déclassé. Il se sent mesuré, contrôlé, "étalonné" et c’est souvent la débandade ou l’éjaculation rapide et incontrôlée provoquée par le désordre émotionnel déréglant le Système Nerveux Végétatif.
Sans machisme ni féminisme, laissons chacun retrouver sa place, son affirmation de Soi dans des rôles sexués à travers nos tâches domestiques, notre communication sans tout confondre. Ce respect mutuel de la place de chacun permet, encore plus fort, d’établir une assertivité pour les deux partenaires en bénissant les avancées concernant la liberté d la femme à condition qu’elles apportent aussi beaucoup de bénéfices à l’épanouissement du couple.
N’oublions pas dans cette expérience de garantir une bonne identité masculine ou féminine.
En cela, dans le domaine sexuel, la fonctionnalité bien huilée demande à l’homme une bonne "intrusivité" et à la femme une "réceptivité active".
Allons découvrir ces deux points : "Je suis intrusif… Tu es réceptive…"
L’intrusivité au masculin : c’est une notion sexuelle, un "archétype". Elle se présente comme une déclinaison de l’agressivité (étymologiquement Ad Gressis signifie Marcher vers) mais bien sûr, sans idée de violence. L’intrusivité induit le sentiment d’être pénétrant. La relation sexuelle peut-être vécue dans un état d’esprit plus mâle où l’homme cessera de s’auto-observer pour mesurer ses performances.
Il ne se sentira plus ni étalonné ni noté par sa partenaire. Il reprendra une emprise sur ses gestes, une affirmation dans ses attitudes, ses choix, ses mots, sa respiration, laissant aller l’amant et le mâle qu’il est au plus profond de lui-même. Cette attitude signifie : "Je te donne toute ma masculinité car je te respecte et te reconnais dans ta composante féminine… Je te désire pour tes rondeurs et tes creux que j’ai envie de prendre… Je vais vers toi (agresse…) et tu m’accueilles en prenant plaisir à la vénération que je te porte… Je suis l’élan, tu es l’aspiration et il n’y a plus de place pour autre chose que le mouvement dessiné par nos excitations… J’avance et tu me rejoins jusqu’au tourbillon de notre jouissance".
La réceptivité au féminin : "la réceptivité active est l’archétype sexuel de la femme". Elle n’exclue pas l’initiative mais ne se confond pas avec l’intrusivité. elle pose le préalable d’une femme à l’aise dans son genre féminin : " je suis une femme et je suis heureuse d’être une femme".
Elle nécessite l’acceptation avec plaisir (érotisation) de son corps avec ses rondeurs et ses creux. "Je me suis appropriée ma génitalité… Je sais déclencher mon plaisir sur ma zone externe clitorido-vulvaire. Mais je connais aussi le bonheur de la vacuité, cette sensation d’être emplie et je prends plaisir à sentir mon vagin vibrer sous l’assaut du pénis de l’homme, ce pénis que j’aime et que j’érotise ! Je connais mon vagin et l’accueil du désir de l’Autre en moi m’excite. Je suis à l’écoute de mes sensations génitales, elles sont à moi, elles m’appartiennent ; je les fais grandir grâce à mes tensions musculaires et les mécanismes du corps. Mes contractions musculaires sont au service de mes excitations ; elles ne les étouffent jamais. Mes tensions sont uniquement là pour pousser mes excitations, les faire grandir, comme dans mes masturbations, où je fais naître des excitations que je cultive en les faisant monter par mes tensions périnéales et abdominales, sans jamais les étouffer… Je suis très centrée sur Moi et mes sensations génitales. Oui, ma génitalité m’appartient. J’érotise ma "réceptivité" et porte mon attention sur la réception de mes sensations voluptueuses par mes frottements, mes rythmes, mes pressions qui naissent sur mon clitoris. Elles envahissent toutes mes zones internes. Je ne me laisse pas distraire par le souci exacerbé de donner du plaisir à l’homme ou par une dérive trop romantique. Je me laisse aller à l’expressivité de mon plaisir de recevoir, d’accueillir. Je prends plaisir à montrer mon plaisir dans mes respirations, mes gémissements, mes mots, mes postures. J’accentue la montée de mon plaisir en activant mes fantasmes, en réduisant mes monologues intérieurs, tous ces petits mots que je me raconte à moi-même. Je me répète combien c’est bon tout simplement jusqu’à l’orgasme… Je suis une femme…"
"Les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus". Ce titre est emprunté au best-seller de John Gray qui, avec talent, montre les points de divergence dans les fonctionnements de l’homme et de la femme. Ces points provoquent des dysfonctions considérables au sein du couple. Pourtant les intentions de base de chaque partenaire s’avèrent souvent bonnes au début de la vie commune. Une meilleure connaissance de nos spécificités et l’aménagement de nouveaux fonctionnements produisent des effets de cohabitations amoureuse et sexuelle durables.
Martiens et vénusiennes peuvent alors vivre en parfait amour sur Terre.
"En réalité, l’habitude tue moins l’amour que nos maladresses réciproques".
Rappelons aussi l’origine possible de nos différences en remontant aux sources de l’humanité. l’homme, porteur de millions de spermatozoïdes peut physiologiquement, chaque jour, voire chaque heure, féconder une nouvelle femme. Le rôle du sexe dans la nature réside dans la transmission des gènes pour garantir la continuité de l’espèce. La stratégie sexuelle de l’homme primitif se fonde sur la diffusion maximale de ses gènes ; elle détermine une politique de quantité. Plus il s’approprie de femelles, plus ses rapports sexuels deviennent fréquents, plus sa progéniture augmente. Parmi le nombre de descendants, il améliore ses chances d’engendrer des enfants qui présentent les critères les meilleurs pour s’adapter au milieu. Ainsi, l’homme, archaïquement, met la prime à la génitalité et à la quantité des rapports, que ce soit avec une seule ou plusieurs femmes. Il se présente originellement "hypergénitalisé" et éjaculateur rapide parce que ces caractères sont adaptatifs pour l’espèce.
La femme primitive, au contraire, porteuse d’un seul "œuf" à féconder, ne montre pas la même stratégie sexuelle. Elle recherche avec prudence "le mâle" qui présentera le maximum de garanties physiques et "sociales". L’homme, à qui elle s’abandonne sexuellement, devra afficher suffisamment de force, de protection, de capacité à réussir, à trouver des solutions, afin qu’elle se sente en sécurité sur un moyen terme (jusqu’au sevrage et l’autonomie de l’enfant) pour se laisser aller sexuellement. A ce prix, elle assure la survie de sa progéniture et d’elle-même. Lorsque ce mâle a su lui montrer ces critères de sécurité ainsi que la valeur et l’attention qu’il lui porte, elle baisse le "pont-levis" sexuel et accepte les ébats érotiques. La certitude d’un sentiment générant un lien à long terme, la tendresse sécurisante, sont des préalables nécessaires au lien génital beaucoup trop risquée furtif pour une femme.
Aujourd’hui encore, ces éléments primitifs font leur œuvre. Une femme sera séduite par l’attention, la valeur que l’homme lui porte. Les critères dominants de l’homme ne passent plus par la force et le muscle, mais peut-être par l’envergure financière et sociale accompagnée des stéréotypes physiques de la mode. Le jour où elle se sait en insécurité ou qu’elle estime que le partenaire masculin bafoue l’attention qu’il lui portait, elle se crispe, elle se sent dépossédée des critères inconscients de sécurité féminine ; le désir sexuel pour l’époux dégringole.
La femme a besoin d’attention, d’écoute, de signaux positifs, de valeurs fournis à travers un certain romantisme, créant des liens sûrs, pour le moyen et le long terme. L’intérêt sexuel de son coté se présente trop incertain et momentané. A nous les hommes d’installer ce contexte favorable à travers nos comportements. Réciproquement, une femme peut reconnaître notre spécificité. L’homme a besoin d’être assouvi sexuellement, d’être vu comme fort et solide, porteur de solutions habiles, pour apprécier son rôle actif, afin d’aimer longtemps sa femme.
En résumé, l’homme et la femme fonctionne un peu à l’envers :
• IL a besoin de sexualité et de reconnaissance de son utilité pour faire
perdurer attentions, tendresse et sentiments…
• ELLE a besoin de preuves d’amour pour s’engager dans la sexualité et l’admirer…
Beaucoup de couples, qui tournent ainsi "à l’envers", finissent par ne plus se rencontrer…
La dégringolade s’ensuit avec le sentiment réciproque d’être incompris…
L’homme ne sent pas d’instinct ce qui plaît aux femmes. La réciproque est vraie.
Il croit naïvement que ce qui lui procure du plaisir à lui en donnera à sa femme ; d’où des gestes trop directs ou génitalisés.
Une femme, la plupart du temps, préférera l’homme qui prendra "le périphérique" en évitant dans un premier temps tous les gestes sur le sexe ou les seins.
Elle appréciera un temps sentimental de regards ou de paroles, même rapide. Un temps plus tendre suivra, grâce à des caresses, des baisers, en lui parlant… ceci voulant dire : "Je te porte attention et valeur, tu peux être rassurée…". Le plaisir féminin correspond à une montée progressive de la tension sexuelle, au contraire de celui de l’homme qui cherche une décharge plus immédiate, et en particulier, l’éjaculateur rapide. L’homme doit respecter notre schéma avant de passer aux caresses directement génitales. Le dialogue intime aide à cela : en montrant à son partenaire comment la combler, une femme le comblera au mieux. Cette communication déclenche de l’épanouissement. Elle est même indispensable parce que beaucoup de femmes, à tort, pensent que si l’homme de leur vie les aime vraiment, il saura automatiquement comment lui faire l’amour. Malheureusement, cette fausse idée de conte de fée ne favorise pas les moyens d’améliorer la sexualité. De plus, comme chaque femme a un mode d’accès au plaisir particulier, la communication intime au sujet de son propre fonctionnement érotique peut se faire par jeu. Ceci représente un bon moyen pour réussir l’union sexuelle. Dans ces conditions, Mesdames, exprimez vos désirs positivement en montrant ce que vous aimez : "j’aime tes caresses sur mon cou…" et évitez les : "arrête, tu me fais mal…Tu me chatouilles… Pas par là…" qui glace la sensibilité de l’homme et tuent l’amour. Le discours amoureux de l’homme, à travers ses mots, fait partie des bons moyens pour prendre "le périphérique" de la partenaire : sésame donnant accès à sa génitalité. Ces phrases d’attention se perdent au fil des ans alors qu’elles signifient la fondation même de la valeur de la femme. À condition que vous le pensiez, vous pouvez dire "Je t’aime tant… ta peau est tellement douce… Je suis bien quand je te serre dans mes bras… Ta bouche est merveilleuse… Tu es si belle et je t’aime tellement… Plus le temps passe et plus j’ai envie de toi…" …
Mais l’approche dégénitalisée ne commence pas par là ; elle se trouve dans les actes de tous les jours, même s’ils sont éloignés du rapport sexuel. Alors, Messieurs, ne cessez jamais de séduire vos épouses, de les sentimentaliser… de les surprendre… de les écouter tout simplement sans donner de solution… et de les faire rêver…
Enfin, si une femme a une image de son corps souvent dévalorisée parce qu’il lui manque toujours quelque chose pour être belle, un homme amoureux verra le corps de sa femme de plus en plus parfait à mesure que monte son excitation sexuelle. Vous êtes alors belle et merveilleusement désirable, même si quelques kilos de trop ou de moins vous chagrinent. Rappelez-vous que même quand vous ne vous aimez pas, quelu’un peut vous aimer.
Pour finir, car il y aurait beaucoup à dire sur les spécificité des acteurs du couple, prenons le temps de parler du temps.
Dans les apprentissages qui suivront, comme dans vos rapports amoureux, la lenteur et le temps vous ferons repérer, prendre conscience enfin vous approprier de nouvelles habiletés. Et vous gagnerez en assurance pour synchroniser la durée nécessaire pour faire rimer plaisir féminin et plaisir masculin.